atelier-débat sur l'apprentissage : nous l'avons fait !
Publié il y a 23 mois par
bonjour,
nous nous sommes lancés pour organiser un débat avec les étudiants-apprentis afin de rapporter leurs témoignages. je vous livre l'intégrale de la séance car c'était sympa et enrichissant.
prête à échanger davantage.
bien à vous.
Université d'Evry-Val d'Essonne-UFR SSG
Vendredi 12 février 2010
Atelier sur l'apprentissage
sous l'égide du ministère de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi
Organisé par Monique Peyrière, ingénieure d'études, chercheure en sciences sociales et
Frédérique Bocquentin, relation publiques de l'Institut de la Ville et du Développement
pour le M2 Développement social urbain
Animé par Monique Peyrière
Formations en apprentissage représentées :
- Master 2 Développement Social Urbain bac+5
débouchés : cadres de haut niveau des métiers de la Politique de la Ville et du social, chefs de projets DSU, agent de développement local, chargés de mission (habitat, rénovation urbaine et sociale, insertion et développement économique… ),responsables de dispositifs inter-associatifs ou fédératifs, directeur de centres sociaux et culturels, directeur de maison de quartier…
- Licence professionnelle Management des Organisations: Management de l'aide à la personne bac+3débouchés : conseillers polyvalents ou tuteurs/curateurs à la personne, techniciens d’insertion avec la dimension d’accompagnement, manageurs des Equipes et des Hommes dans les structures de l’aide à la personne
- DEUST Métiers de l'Aménagement et des Activités Sociales bac+2débouchés : techniciens d'entreprises et d'organisation de l'économie sociale : associations, coopératives, mutuelles et organisations assimilées (comités d'entreprise, etc....), les collectivités publiques territoriales (communes, syndicats intercommunaux) et les administrations (Emploi et solidarité, Jeunesse et Sport...)
Enseignants présents :
Béatrice Muller, responsable scientifique du M2 Développement Social Urbain et du M2 ingénierie de projets de DSU et de Développement durable en alternance (ouverture en 2010)
Philippe Naszalyi, responsable de DEUST MAAS, de la Licence professionnelle Management des organisations et management de l'aide et des services à la personne,
Gilles Hermoso, enseignant chargé de la valorisation des parcours et des compétences des étudiants
Enregistré par Jacques Garandeau, service audiovisuel de l'UEVE
Filmé par les étudiants du M2 Images et société sous la responsabilité de Joyce Sebag et Réjane Vallée, enseignantes-chercheures
Master 2 mention Sociologie spécialité Image et Société "Documentaires et Sciences Sociales" formation initiale et continue
débouchés : Scénaristes, réalisateurs de documentaires généraux ou spécialisés, Chefs de projet dans les sociétés de production de films documentaires, scientifiques, pédagogiques ou d’art, Iconographes (revues, chaînes de télévision, agences d'images…), Réalisateurs ou Producteurs de radio ou de télévision dans les chaînes publiques, dans les chaînes privées, dans les chaînes thématiques ou dans les sociétés du câble et du satellite, Assistants d’unité documentaire, Producteurs, assistants de production, Monteurs, cadreurs, Consultants audiovisuel indépendant, Concepteurs de projets audiovisuels, Documentalistes image...
Les étudiants des filières (bac+2,+3,+5), 60 participants environ ; 17 étudiants ont pris la parole.
M.P. présente les ateliers sur l'apprentissage, initiative de M. le secrétaire d'Etat Wauquiez du ministère de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi. L'occasion nous est donnée de montrer les pratiques de l'apprentissage à l'université.
B.M. fait un court historique de la filière DSU, créée en 1999 en formation continue et en l'apprentissage à la demande du milieu professionnel. Le taux d'insertion de la filière est de 100% à moins de 3 mois de l'obtention du diplôme. Ces éléments soulignent l'importance de l'apprentissage, de la professionnalisation.
P.N. rappelle la composition générale de l'université et les partenariats internes. Les événements en préparation comme le colloque sur les Finances solidaires (sept. 2010), le congrès de l'Association Française de Sociologie (janv.2010) expriment la volonté de ce partenariat. P.N. introduit ensuite la parole donnée aux étudiants grâce à cette rencontre.
M.P. : pourquoi ce choix de l'apprentissage, des études supérieures, longues professionnalisées ?
Etud a : pour avoir le plus d'argent possible. Il y a un changement de rythme. C'est toujours l'école mais c'est différent. Autant faire un cursus avec un certain niveau d'études.
Etud b : les informations que l'on m'a données m'ont fait connaître l'apprentissage. Formation et expérience professionnelle.
Etud c : l'insertion est plus facile. J'ai fait un BTS avant et je vois la différence par rapport au stage. On a la confiance de l'employeur, des collègues. On peut mettre un travail en place.
Etud d : la professionnalisation enrichit le CV. La vie universitaire et professionnelle en même temps sont difficiles et enrichissantes à la fois.
Je suis en mairie de Paris à la Direction de Politique de la Ville et de l'Intégration. Cela demande un investissement important. Il y a de la cohérence entre la formation et le milieu professionnel.
M.P. : comment avez-vous vécu le 1er jour ? dans quel état d'esprit ?
Etud d : je me suis demandée si j'allais y arriver. Le passage de l'université au monde professionnel : ça se passe bien, on est formé.
M.P. : et les difficultés pour trouver une entreprise : comment ça s'est passé pour vous ? est-ce que c'est difficile ?
Etud e : je suis en reprise d'études. J'étais dans le monde du travail, secrétaire ici à l'université. L'alternance m'a semblée le plus adéquat à mon projet. Les entreprises ne connaissent pas bien la règlementation pour le contrat professionnel. Ca a été un peu difficile de trouver. Je suis dans une association d'aide à la personne. On apprend tout le temps. J'ai des responsabilités.
G.H. valorise les parcours étudiants, l'alternance. Il compare avec un autre pays, la Suisse, où l'on recrute des diplômés étant passés par l'apprentissage.
M.P. : quelles sont les relations entre l'université et les partenaires professionnels ? Comment a lieu le recrutement des apprentis ?
B.M. : pour le DSU, avec une existence de plus de 10 ans la filière a des liens avec de grandes associations du social, les collectivités : communes, conseils généraux... Par exemple, la mairie de Paris accueille une dizaine d'apprentis chaque année.
Nous envoyons les CV à nos partenaires. La sélection et les entretiens se font comme pour une embauche classique. De leur côté, les étudiants font leurs propres recherches. Les entreprises ne recrutent pas forcément et les étudiants choisissent aussi. Pour la 2è année nous avons plus de postes à pourvoir que d'étudiants. Cela pose question.
P.N. : nous avons un public qui vient de formation initiale ou qui se réoriente en prenant conscience de l'importance de la professionnalisation. Dans ces filières, les étudiants se mettent en adéquation avec le monde du travail.
Etud f : j'ai fait une première tentative, je n'ai pas trouvé. Un contrat n'a pas pu être fait dans l'entreprise où je suis. J'ai persévéré, toujours là où je suis et ça a marché. Je suis dans un collège-lycée, assistant d'éducation.
M.P. : et l'entreprise privée ?
Etud g : je cherche aussi encore une entreprise. C'est pas évident. Certains préfèrent des étudiants venant de BTS.
Etud h : il y a de la méfiance des employeurs puisque ma formation vient d'être mise en place. Je rencontre des difficultés au quotidien dans les relations humaines, pour les tâches données. Il y a aussi des difficultés techniques car on n'a pas toujours toutes les bases comme en compta.
M.P. : quel est le rythme de l'alternance et comment vivez-vous la transition ?
Etud i : on en parle avec les profs dans le meilleur des cas, ça s'est bien. On prend du recul. Les prof n'apportent pas tout.
M.P. : un autre retour sur cette transition entre l'université et le milieu professionnel ?
étud j : je n'ai pas eu de difficultés de choix de l'entreprise. J'ai pu choisir parmi plusieurs structures d'accueil avec l'aide de la scolarité du M2 DSU.
M.P. : est-ce que l'on a des passages ?
B.M. : peut-être notre présence biaise-t-elle vos réponses ; nous avons conscience que la charge de travail académique et l'apprentissage sur le terrain professionnel est lourd. mais la capacité de travail dont vous faites preuve est évidente.
Ancienne DSU : ne pas baisser les bras. Le DSU est une belle carte de visite. On vous attribue une confiance, une compétence, on rencontre d'autres professionnels. J'enseigne et je suis de nouveau étudiante à l'université. Allez-y, ça vaut le coup. je suis là pour vous porter un message d'espoir et d'enthousiasme.
M.P. : vous parlez de réseau, justement pour vous étudiants ...
P.N. : au niveau bac + 2 moins, ils sont moins concernés,
B.M. : pour le M2 DSU, avec plus de 800 diplômés, beaucoup se retrouvent et continuent d'échanger, ils forment les nouveaux DSU également...
M.P.: comment ça marche au quotidien l'alternance, avec le logement ?
Etud k : je voudrais revenir sur les difficultés à trouver un contrat. je viens du cirque. quand on a 40 ans, on ne peut plus y travailler. quand on a vu mon cv, on m'a pris pour un clown...rires
M.P. : vous vous y attendiez, non ?
Etud k : oui, ...rires, au niveau transport, mon entreprise est loin, au confins de la Seine et Marne et de l'Aisne. c'est compliqué. Mais si on s'accroche... on y arrive.
Etud l : c'est pas facile à gérer. le travail à Paris, la fac à Evry. J'espérais pouvoir prendre mon indépendance. Mais pour le logement, ça n'a pas été possible. Dans le secteur public, on a 1088 € net-brut, c'est la même chose. C'est moins dans le privé. C'est beaucoup quand on est chez ses parents. C'est pas assez pour prendre un logement, avec les mois de caution demandés...
Pour le transport, la ligne D, même si c'est pas la pire, mais quand même, le stress est là. On était prévenu : des anciens étaient venus nous présenter la formation. Ils avaient dits : vous dormirez pas beaucoup. je confirme.
Etud m : j'avais terminé mon cursus universitaire. J'ai repris un m2 en alternance. Ca permet une insertion tout en douceur. Je vois par rapport à des camarades qui sont en poste. l'alternance université-monde professionnel.
M.P. : nous tenons beaucoup à l'université d'Evry à la formation de la maturité intellectuelle. nous sommes fiers de ça, le nous du service public.
Etud l : on a des vrais débats en cours. S'il y a un apport de la formation, dans l'autre sens c'est vrai aussi. Nous avons des débats d'un niveau que je n'avais pas encore connu.
Etud n : ce qui est bien dans cette filière, c'est l'argent...rires, là on travaille mais on a une petite compensation
M.P.: et par rapport au logement ?
Etud n : j'habite à 5', je vois la fac de chez moi.
M.P. : vous êtes où pour votre apprentissage ?
Etud n: je suis à l'Association du football américain à Evry. Je suis heureux.
M.P. : Evry, c'est bien... Quel témoignage de l'avenir professionnel ?
Etud o : l'avenir est incertain, au jour le jour. Ce que je vais faire plus tard, mon salaire, c'est incertain.
M.P.: ça a changé votre vision du monde du travail ?
Etud o : ça a changé, la réalité est toute autre. Le monde du travail est difficile voire virulent. Les personnes ont peur qu'on leur prenne leur travail.
M.P. : Est-ce que c'est le cas ?
Etud o : c'est le cas, nous sommes la nouvelle génération. La notion de partage s'est difficile à trouver un contrat et un tuteur, un maître d'apprentissage.
P.N. : on rencontre cette attitude dans le personnel qui n'a pas fait beaucoup d'études ; il y a presqu'une hostilité en tout cas de la méfiance "envers ceux qui veulent prendre notre travail ou réformer nos méthodes".
M.P. : merci de votre participation, nous vous ferons passer l'adresse du site et quand ce sera en ligne.





