Comment developper les emplois en alternance
Publié il y a 23 mois par luccioni jose
Etant un professionnel de la formation par alternance (depuis 1992), je connais bien le problème.
Je vais essayer d'apporter une aide structurée à ce dossier.
Objectif affiché : augmenter l'emploi en alternance, c'est augmenter l'emploi tout court
Pour atteindre cet objectif ambitieux, il faut considérer les freins et les moteurs à l'embauche en alternance.
Les freins (ce qui empeche l'embauche en alternance) :
0-pas de besoin,1-cout du travail élevé, 2-trop de difference entre le contrat d'apprentissage et le contrat de professionnalisation, 3-rythme de formation non compatible avec l'activité de l'entreprise, 4-incompréhension d'objectifs entre l'entreprise et le jeune, 5-mauvaise expérience précédente de l'entreprise.6-un mauvais ou pas d'encadrement dans la recherche d'emploi
Les moteurs (ce qui la favorise l'alternance) :
0-un besoin exprimé ou latent de l'entreprise mais pas forcément en alternance, 1-un excellent rapport qualité prix dans le cout du travail,2-un seul contrat d'alternance qui soit suffisament simple de mise en oeuvre et géré par l'ensemble des CFA et organismes de formation,3-une adaptation du rythme de formation à l'activité,4-le jeune est en entreprise pour effectuer un travail avant tout et bénéficier d'un emploi formateur complété par une formation en centre,5-un bon recrutement,6-un bon soutien dans la recherche de poste.
Synthese
0-Sans un besoin de la part de l'entreprise, l'alternance ne pourra se concrétiser. Ne serait ce que pour former quelqu'un, il faut que le travail existe, sinon on ne sert à rien. L'entreprise peut avoir un besoin immédiat ou un besoin à terme. L'entreprise peut avoir un besoin de temps plein, dans ce cas l'alternance ne sera pas sa solution. L'alternance sera une solution si le besoin n'est pas à temps plein (ou si l'on peut embaucher deux alternants pour un poste).Le besoin ne doit pas être la recherche d'un personne qualifiée, sinon un jeune qui cherche une qualification ne sera pas la solution de l'enteprise...
1-Pour qu'il y ait embauche, le cout du travail ne doit pas être dissuasif, aujourd'hui la plupart des cabinets comptables dissuadent l'entreprise d'embaucher en contrat de professionnalisation pour une raison de cout du travail. En effet, en moyenne un jeune en contrat pro est embauché à 70% du SMIC plein temps. Un jeune en alternance, travaille en moyenne 3 jours en entreprise et 2 jours en centre. Il est payé bien sur pendant les heures de formation en centre. Ce qui donne un travail au poste en entreprise de 3 jours sur 5 (60%) ce qui ramène à un cout réel de 70% du SMIC pour 60% du temps. Le jeune est ainsi payé 70/60 SMIC, soit 1,20 SMIC pour un travail non qualifié (puisqu'il suit une formation). Dans ces conditions on voit que l'entreprise a intérêt(économique) a embaucher quelqu'un directement à temps partiel sur le marché du travail au SMIC. De plus l'exemple donné est moyen, c'est encore pire avec les jeunes qui sont payés 80% du SMIC. Ils ont vraiment énomément de mal à se faire embaucher, l'entreprise arbitrant pour des jeunes moins chers.
2-Un contrat d'alternance simple, un seul contrat. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ! En effet, pourquoi y a t'il encore deux contrats en alternance, le contrat d'apprentissage et le contrat de professionnalisation? Pourquoi ces deux contrats, de fait, se font ils concurrence? Pour résoudre le cout du travail, simplifier et faire en sorte d'utiliser la dynamique des centres de formation, un seul contrat serait suffisant, il faut supprimer les deux contrats existant et créer un seul type de contrat qui aurait financièrement pour l'entreprise les avantages du contrat d'apprentissage et les modalités du contrat de professionnalisation.
Cela satisfera les entreprises,les jeunes,les centres.La solution WinWin.
3-L'alternance est choisie (non imposée) par l'entreprise dans les cas cités plus haut, d'un travail (équivalent) à temps partiel, un besoin de 3 jours par semaine en entreprise. Les jours de formation ne sont donc pas neutres. Mettre de la formation un vendredi en classe de commerce n'est pas judicieux, sachant que le CA s'effectue en fin de semaine. Au contraire mettre de la formation le vendredi pour les commerciaux de terrain est justifiée car il ne leur sert à rien de visiter des clients qui sont en RTT. Une adaptation clairement démontrée à l'entreprise permet de convaincre l'entreprise de faire le pas. Le centre de formation doit s'adapter.
4-Il y a souvent une mauvaise compréhension de l'autre. L'entreprise embauche un jeune pour occuper un poste de travail (ce n'est pas un stage ici) et le jeune pense que c'est un stage indemnisé et en fait ne ressent pas l'obligation de s'investir puisqu'il est en formation. Il a tendance à tout attendre de l'entreprise . Très vite les choses se compliquent, et la rupture est proche. Un bon dialogue, une bonne description de poste et des taches court termes et moyen termes clairement identifiées permettent d'éviter tout malentendu. Le centre de formation doit être présent dans cette clarification.
5-Pour réduire les déboires, l'entreprise doit effectuer un véritable recrutement, et la période d'essai doit être VRAIMENT un essai pour les deux parties.
6-L'entreprise peut avoir un besoin est être intéressé par un jeune en alternance, mais en général elle n'en a pas conscience, elle cherche avant tout à pourvoir son besoin mais sa solution n'est pas forcément l'alternance. C'est donc au jeune à faire en sorte qu'il soit recruté. C'est au jeune à faire en sorte qu'il se démarque de ses concurrents (les nons alternants et les alternants). Un jeune a une grande qualité, il EST jeune, mais bien évidemment ce n'est pas un professionnel de la recherche d'emploi...Aussi, c'est là que les efforts doivent porter et c'est peut être avant tout aux centres de formation d'effectuer cet encadrement mais peut être pas uniquement. Il faut que le jeune soit encadré et motivé dans sa recherche. Motivé, il doit l'être mais il faut l'aider matériellement, psychologiquement et économiquement. Exemple, si l'on considère qu'il faut trois rendez vous pour décrocher un poste, et qu'il faut 200 courriers de recherche d'emploi (CV, LM etc...) pour obtenir un rendez vous, combien faut il envoyer de lettres ? La réponse est 600 ! 600 timbres, c'est un effort financier certain....Ici on constate que c'est un vrai JOB que de chercher un job...
CONCLUSION
J'espere que ma contribution portera ses fruits.
Je reste à votre service......







Bonjour
vos remarques sont très pertinentes et nous essaierons de les compléter et/ou commenter par des contributions au forum selon notre disponibilité.
Merci encore!