l'Arlésienne
Publié il y a 24 mois par Legrandcharles
Bonjour,
Depuis 33 ans, je suis enseignant dans un centre de formation d'apprentis. Beaucoup qualifient l’apprentissage de voie royale (surtout ceux qui –souvent démagogues- ont suivi les filières classiques) et cela fait pour moi 33 ans que j’entends ça. Pourtant, à l’instar de mes collègues, j’ai pris le plus grand soin à faire en sorte que mes enfants ne l’empruntent pas. Car cette voie, il suffit de fréquenter un centre, reste la voie de l’échec. Certes elle permet à certain d’obtenir une qualification mais qui reste toujours très mal rémunérée et dans des conditions souvent très difficile (main d’œuvre docile et bon marché). Comment valoriser un système qui conduit dans la grande majorité des cas à la formation de smicards quand d’autres se gavent à coup de millions d’euros avec ostentation qu’ils soient PDG d’EDF ou hommes politiques. Les jeunes qui fréquentent nos centres ne sont pas dupes et ont plus d’admiration pour les footballeurs et leurs entraineurs qui les font rêver (et leurs salaires bien entendu) que pour leur professeur de français, de mathématiques ou même de pratique. La plupart d’entre eux ne sont que la chair à canon d’un système économique qui ne sait quoi trop inventer pour les intégrer sans qu’ils se révoltent devant tant d’injustices.
Au niveau supérieur le système de l’alternance semble faire se preuves sans doute parce qu’il concerne de futurs ingénieurs. Pour le reste apprendre à faire du pain ou couper des cheveux restera toujours une activité noble et nécessaire, mais que nos élites considèrent comme dévolue à « ceux d’en bas ». Ils ne le disent pas mais c’est affiché en grosses lettre au milieu de leur front. Dans notre société de privilèges les miracles n’existent pas, jamais un apprenti mécanicien n’occupera le poste de M. Wauquiez.
Le jour ou l’Homme deviendra plus important que l’argent, alors, spontanément et naturellement, l’apprentissage deviendra la filière royale dont on parle tant.
Cordialement







Bonjour,
Je me dois de réagir car je suis choquée par la généralisation de vos propos.
Ce système de formation que vous décriez tant m'a permis de faire des études dont je suis fière. Aujourd'hui titulaire d'un master en marketing, mes parents n'auraient jamais pu me financer ces études, alors vive l'alternance !
N'oubliez pas que ce mode de formation ne concerne pas uniquement les métiers manuels ou encore les formations d'ingénieur. Nombre de cursus s'ouvrent chaque année, et les écoles -de commerce notamment- en ont bien compris l'intérêt : Leurs chiffres concernant le placement des étudiants diplômés sont bien meilleurs que pour la formation continue.
Pour moi, la seule chose manquante pour en faire réellement une voie royale est l'ouverture des grandes écoles à ce système.
Cdt